José Marti, le poète cubain de la guerre de libération contre l'Espagne, écrivait ses mots qui se sont gravées définitivement dans ma mémoire et qui m'ont accompagné tout au long de mon existence :
" Dans toute action, il y a une part d'injustice ! "
Cette métaphore peut être comprise de plusieurs façons.
Sous l'angle humaniste, qui est le mien, elle attire l'attention sur le fait qu'il faut toujours ce préoccuper des conséquences, même indirectes, de ses actes. Cela se rapproche un peu de la théorie du battement d'ailes d'un papillon, chère aux écologistes, mais, dans mon cas, seules les conséquences directes sur les hommes m'importent. La climatologie, tant qu'un cyclone ne me tombe pas dessus, m'indiffère un peu.
Par exemple, mon prochain départ vers les brumes nordiques du Québec (mes amis québécois, qui savourent leur été indien, vont me regarder de travers), va certainement faire souffrir physiquement et moralement mon épouse, que je laisse à la barre du grand bateau blanc immobile, qui se tient vent-debout dans les alizés. J'espère, d'ailleurs, qu'il va rester immobile jusqu'à mon retour !
Sous l'angle révolutionnaire, ces propos peuvent justifier les pires exactions commises au nom d'une vague idéologie. Ne jamais hésiter à passer à l'action, quelles qu'en soient les conséquences sur les autres hommes. Car hésiter à le faire, serait se condamner à une inaction totale !
Et, Dieu sait combien d'idéologies, aujourd'hui abandonnées, ont servi à justifier d'atroces pratiques !
Mais de quel Dieu s'agit-il, au fait ? Celui que les Catholiques ont repeint de neuf avec Vatican II, le Dieu sérieux et âpre au gain des Protestants, le Dieu vengeur des Témoins de Jéhovah, le Dieu exterminateur de Ben Laden (dont un frère, certainement innocent des accusations de blanchiment d'argent portées contre lui, se fait appeler pudiquement Monsieur Binladin) ?
Je voudrais rajouter ma propre métaphore à celle du poète dont nous aurons à reparler un jour prochain :
" Aucune fin justifie les moyens employés pour y parvenir ! "
Allez, pour vous donner encore un peu à réfléchir, un autre vers de José Marti, dont les conséquences peuvent être encore plus terribles que celles du précédent :
" Mourir est agréable, vivre mort est horrible. "
Le Petit Journal de Montmain, le journal qui vous fait réfléchir pendant une minute à chaque numéro !
Peut-être que, certains d'entre vous, préféreront les vers suivants, de notre poète régional de l'étape, tirés du poème en vers libres " Soif de Beauté " :
Donnez-moi excellence et perfection : donnez-moi
Un dessin de Michel-Ange ; une épée
Avec pommeau de Cellini, encore plus belle
Que les plafonds d'ivoire ciselé
Que se plaît à sculpter la Nature.
L'auguste crâne où se sont consumés
L'universel Hamlet ainsi que la fureur
Tumultueuse du maure ; la jeune fille
Indienne qui, sur le bord du fleuve riant
Dont l'eau baigne les murs de l'antique Chitchén,
Cachée à l'ombre d'un luxuriant bananier
Et sous ses propres cheveux, essuyait
Son corps svelte à la peau brune et lisse.
Donnez-moi mon ciel bleu… Donnez-moi la pure
Âme marmoréenne qu'au Louvre magnifique
Offrit, comme un fleuron, la célèbre Milo.