Alors que les phéromones sont communes chez les insectes (voir " Les Fourmis " de Bernard Werber) et chez certains mammifères, de nombreux chercheurs étaient et sont toujours convaincus de leur absence totale chez l'homme. Une fois de plus, la pensée morale l'emporte, chez eux, sur l'esprit scientifique !
Pourtant, certaines glandes sudoripares de l'homme sécrètent des stéroïdes odoriférants connus pour jouer un rôle attractif sur le plan sexuel chez l'animal (l'androsténol et l'androsténone). De même, on a trouvé, dans les sécrétions vaginales des femmes, d'autres substances qui, chez le macaque, attirent le mâle vers la femelle.
L'expérience réalisée avec la chaise du cabinet d'attente d'un dentiste est connue de tous. Une chaise, sur laquelle on avait pulvérisé de l'androsténone, voyait les femmes s'y asseoir en priorité et les hommes s'en écarter.
Dès 1998, les effets des phéromones étaient démontrés chez les femmes, en interférant dans les cycles menstruels de certaines d'entre elles. Il restait à déterminer un gène humain, codé pour être un récepteur de phéromones.
C'est ce que vient de faire un scientifique américain, Peter Mombaerts, qui, avec son équipe, a cherché systématiquement à retrouver, chez l'homme, la centaine de séquences d'ADN, présentent chez les souris et les rats et dont la sensibilité aux phéromones a été prouvée. En finale, ce ne sont que huit gènes identiques qui ont été retrouvés.
Sept de ces gènes se sont révélés inopérants chez l'homme, où ils ne sont que des reliques d'un temps où l'évolution ne nous avait pas encore différenciés des mammifères inférieurs.
Par contre, le huitième gène, appelé V1RL1, ne souffre pas des mêmes déficiences et pourrait produire une protéine similaire à celle permettant la reconnaissance des phéromones chez les rongeurs.
Cet ultime rescapé, de la centaine dont la nature nous avait dotés initialement, montre bien que d'autres sens ont pris le dessus chez nous, en particulier la vue, mais il montre également que toute notre sensibilité aux phéromones n'a pas disparu. Ceux-ci pourraient s'expliquer, en particulier, certains " coups de foudre " amoureux, incompréhensibles sans leur intervention.
Des chercheurs suédois on même démontré, imagerie médicale à l'appui, que le siège de la perception des phéromones se tenait dans une zone particulière du cerveau, l'hypothalamus, qui n'intervient pas habituellement dans l'odorat.
Une équipe très sérieuse de chercheurs américains a été plus loin, en faisant renifler les nuisettes de 28 femmes à 52 hommes. Les femmes les avaient portées aux alentours de leur période de fécondité maximale. Elles avaient mené une vie monacale au cours de cette période, ni sexe, ni alimentation épicée. Elles avaient évité tous les produits de beauté parfumés. Et bien, ces fameux T-shirts, mélangés à d'autres, portés au cours de période de repos sexuel de ces dames, ont été facilement identifiés par les hommes, qui trouvaient leur odeur plus agréable et même plus sexy, plus d'une semaine après que les vêtements avaient été laissés à l'air libre, à la température ambiante.
Ainsi, sommes-nous ramenés au vieux concept des effluves de l'amour. Souvenons-nous, qu'à l'époque Élisabéthaine, les femmes offraient, à leurs amoureux, des " pommes d'amour " : pommes pelées, qu'elles avaient maintenues serrées dans le creux de leur aisselle afin de les imprégner de leur odeur. Les hommes, également, offraient à leurs belles un mouchoir imprégné de leur odeur d'aisselle.
De nos jours encore, dans certaines régions rurales du Brésil, des femmes servent à leur mari du café filtré à travers un slip ayant été porté. Voilà une méthode qui est facilement à votre portée, Mesdames ! A vous de juger jusqu'à quel point le slip doit être imprégné de vos odeurs et sécrétions intimes.
Comme disait mon grand-père, la recherche scientifique n'a d'intérêt que si elle débouche sur des applications pratiques.
A vous donc, Mesdames et Messieurs, de vous ingénier à faire fructifier les efforts de tous ces braves chercheurs ! Ils ont démontré qu'il restait en nous une part d'animalité, à vous de faire en sorte que celle-ci soit à l'origine de beaucoup de plaisirs, qui, bien que bestials, puissent sublimer le plus beau des sentiments humains, l'AMOUR !
Note de l'éditeur : les données scientifiques de ce numéro proviennent d'une demi-douzaine de magazines de l'excellent : http://www.doctissimo.fr