La libre littérature française des Amériques







LE VICE ET LA MONDIALISATION !

Pendant que des écervelés, de tous âges, s'en prennent à la mondialisation, alors qu'ils devraient s'en prendre aux excès de cette mondialisation, on pourrait croire que, dans l'autre camp, cette pression permanente rend les gens plus prudents.

Il y a quelques années, nous en avions eu bon espoir, lorsque furent créés les premiers fonds éthiques, pour tous ceux qui désiraient placer de l'argent dans des entreprises responsables socialement ou respectueuses de l'environnement. Hélas, la morale ne paie plus, les besoins du marketing aidant, un Texan vient de créer un fond d'investissement appelé clairement : Vice Fund (le fond du vice). Il propose d'investir uniquement dans des entreprises de tabac, d'alcool, de jeu ou d'armement. En période d'effondrements boursiers répétitifs, le vice serait un placement de père de famille " car les gens continuent de boire, de fumer et de parier ". Il n'a pas osé ajouter " de s'entretuer ", c'est pourtant l'activité humaine qui semble présenter les plus belles perspectives d'avenir !

Vous aurez remarqué que notre Texan a oublié de citer le sexe, dans sa liste des vices qui rapportent, il nous semble pourtant que c'est l'un des plus juteux. Est-ce un reste de puritanisme qui a limité les ambitions de notre bonhomme mauvaishomme ?
Non ! Car, n'étant pas le descendant d'Al Capone, il désire investir uniquement dans des entreprises légales, cotées normalement en bourse et, il paraît, qu'il y en a fort peu basées sur le sexe.
Ouf ! Je respire. Mes braves manifestant chevelus vont pouvoir continuer à copuler sans état d'âme, cette activité ayant échappée, pour l'instant, à l'emprise tentaculaire de la mondialisation !


Puisque l'occasion m'en est donnée, je vais dire un tout petit mot sur la mondialisation et pourquoi je me présente souvent comme son ardent défenseur.
Regardons d'abord un dictionnaire. Je vous éviterai les renvois successifs, de définitions en définitions, qui font la joie de ces instruments. On arrive enfin à " mondialisme : universalisme visant à l'unité politique de la communauté humaine. "
Si vous trouvez une plus noble aspiration, parmi toutes les utopies humaines, faites-le-moi savoir !

Cette mondialisation a commencé à se réaliser dans la seconde moitié du XVI° siècle, quand l'affaiblissement de l'Empire ottoman a ouvert plus largement la route de l'Orient aux Européens et quand ceux-ci prirent possession du continent américain.
Vous me direz que cela a bien mal commencé, par une route jonchée d'exactions et de massacres ! Oui, mais combien de guerres fratricides a-t-il fallu, à l'Europe, pour commencer à percevoir la possibilité d'une unité politique ?
Vous me direz que cette mondialisation se fait sous la seule égide des occidentaux ! Oui, mais l'Europe ne s'est-elle pas constituée autour du seul pôle Franco-Allemand ?
Il ne faut pas être trop naïf, même si l'on se veut utopiste, le mondialisme ne se fera pas en quelques années, ni sans énormément de sang et larmes. La seule chose que j'espère, c'est qu'il se fasse sans être imposé par les armes, bien que celles-ci soient le seul recours de ceux qui veulent échapper à cette tentative d'unification du monde.

En fait, c'est la mondialisation économique, associée pacifiquement à la technique, la plus décriée, qui semble pouvoir apporter les solutions les plus rapides et les moins douloureuses. Quand des visiteurs de plus de 130 pays, viennent surfer sur mes sites, écrits en français, je me prends à espérer une sorte de communauté mondiale de l'esprit (dont je ne serais certes pas l'initiateur, mais un simple baromètre).
Quand Coca Cola diffuse ses produits dans la quasi-totalité du monde, si on laisse de côté l'esprit chauvin des buveurs de pinard et les antiaméricanismes primaires, même si l'on juge cette boisson dégueulasse, elle représente quand même une lueur d'espoir !

C'est là qu'il faut dire un mot des excès de la mondialisation.
Le danger est réel ! Il est tentant, pour les grandes puissances économiques (je ne crois pas que l'on doive s'arrêter aux seuls États Unis d'Amérique), d'essayer de surfer sur la vague de la mondialisation pour s'emparer des ventres et des esprits de tous les habitants de la planète.
La plus chaude, des alertes récentes, me semble être venue de Monsanto, cette monstrueuse multinationale qui voulait régner sur les semences du monde entier, en estampillant, de son sigle, le geste auguste du semeur.

La lutte contre les excès de la mondialisation est la grande entreprise de notre temps. Il faut cesser de se proclamer contre la mondialisation, contre laquelle on ne pourra d'ailleurs rien, et la faire sienne. La mondialisation s'est l'affaire de tous les habitants de cette bonne vieille Terre !



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