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CHRONIQUES GUADELOUPEENNES.

Promesses non tenues… Comme se sont des promesses électorales, cela n'a rien d'étonnant !
Deux " serpents de mer " occupent les réunions électorales guadeloupéennes depuis plus de dix ans : l'éradication de la fourmi manioc et l'alimentation en eau du Nord de Grande-Terre, en période sèche. Les petites bestioles continuent à dévorer les récoltes et les habitants de Port-Louis manquent d'eau périodiquement.
Pour les insectes, il paraît que la solution serait pire que le mal, paroles d'écologistes ( ?!).
Pour l'eau, il est paradoxal de penser que la Guadeloupe possède, avec la Soufrière, l'un des dix endroits les plus arrosés au monde, plus de 11 mètres de hauteur de précipitations par an. On dit que l'on ne recueille, actuellement, que 10 % de l'eau qui tombe, faute de disposer de réservoirs suffisants. Peut-être faut-il ajouter, à cela, la mauvaise volonté des gens de Basse-Terre à donner " leur " eau à ceux de Grande-Terre. Le conflit entre Pointe-à-Pitre et la ville de Basse-Terre a plusieurs siècles d'existence. Basse-Terre, qui est toujours préfecture, a perdu son combat depuis longtemps, avec l'aide malveillante de son volcan.


D'après les derniers chiffres et en arrondissant, l'aide européenne, aux quatre départements d'outremer français, s'élèverait à 4 milliards d'Euros par an. Pendant ce temps, l'aide européenne, à la France métropolitaine, s'élèverait à 7 milliards d'Euros.
Cela voudrait-il dire que ces 4 départements sont vraiment très pauvres ou qu'ils sont le cœur vivant de l'Europe ?
Qu'adviendra-t-il lorsque l'Europe s'étendra à des pays à côté desquels nos D.O.M sont des pays débordants de richesses ? C'est bien ce que redoutent les Guadeloupéens et qui explique pourquoi certains hommes politiques locaux envisagent froidement le changement de statut, transformant leur D.O.M en T.O.M (beaucoup moins d'aides françaises et européennes, sociales et économiques, mais beaucoup plus de pouvoir pour les politiques).


Un très bel artisanat fleurit actuellement en Guadeloupe, celui des tambouyés, fabricants de gwo ka. Depuis des siècles, le ka, un tambour frappé avec les mains, a rythmé la vie des esclaves, la peine, la souffrance, les décès, mais aussi la joie et les fêtes.
Il a failli disparaître au XIX° siècle, en raison de la suspicion de l'administration coloniale envers cette musique.
Aujourd'hui le gwo ka renaît, témoin le festival qui vient de se tenir à Sainte-Anne.
Sept rythmes de base servent à la composition de la musique gwo ka. Le kaladja exprime la tristesse, notamment après la perte d'un être cher. Le mendé est un rythme guerrier. Par contre, le toumblack, le padjembèl et le léwoz accompagnent les moments de bonheur. Le woulé et le graj' rythmaient jadis le travail des esclaves.
Plusieurs familles fabriquent ces instruments, de façons traditionnelles ou modernes, pour les musiciens ou pour les touristes.
Les mauvaises langues vous diront que le gwo ka, est un objet merveilleux, dommage que certains se croient obligés de taper dessus comme des sourds.


Depuis les années 60, la plage de Tarare, sur la commune de Saint-François, reçoit environ 4.000 touristes naturistes par an. Il faut ajouter à ceux-là, les naturistes auxquels le Club Méditerranée, de Sainte-Anne, réserve la plus belle partie de la plage de la Caravelle.
La pratique du naturisme est mal vue par les Antillais, dont les traditions et les religions ne tolèrent pas ce qu'ils considèrent comme une exhibition immorale. Il faut savoir, qu'ici, les femmes se refusent encore obstinément à se baigner les seins nus. Les autorités, eu égard à son intérêt économique, tolèrent pourtant cette pratique, à condition qu'elle soit circonscrite à des endroits bien précis et bien à l'écart des plages les plus fréquentées.
Et ce n'est pas après la chute dramatique de fréquentation touristique, due aux événements du 11 septembre, que l'on va faire la fine bouche !


Enterré, le fameux chantier du congrès des élus régionaux et départementaux, mis en place par la loi d'orientation de la précédente législature. La " sénatrice " Lucette Michaux-Chevry, présidente du conseil régional de Guadeloupe, est chargée de remettre, à Jean-Pierre Raffarin, un " Mémorandum commun pour la préparation de la Loi programme de l'outre-mer ".
La fidélité de Lucette à Jacques Chirac a payé, éliminant au passage son encombrant partenaire, président socialiste du conseil général.
Les propositions du gouvernement semblent devoir apporter des réformes très profondes au statut régional actuel, sans risque de sortie du droit commun.
Il est encore un peu tôt pour parler des projets très novateurs dont on parle dans les couloirs du président du sénat, Christian Poncelet, très actif dans cette affaire. Mais on peut constater que la coloration uniforme du sénat et de la chambre des députés, que les socialistes présentaient comme un épouvantail, va sans doute permettre de faire enfin réellement évoluer la décentralisation, ce qui ne sera possible qu'avec une révision d'un article de la Constitution.
Il est à noter que, seuls les élus de la Réunion, n'avaient pas demandé d'évolution de leur statut actuel. Alors les Réunionnais, sont-ils des sages ou des timorés ?



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