Monsieur le Ministre des Finances… Au fait, comment il s'appelle celui-là ? J'en suis resté au faux-derche qui le précédait, il me faudra encore un peu de temps pour assimiler le renouvellement des cadres de l'État. Que voulez-vous, ma bonne dame, c'est l'âge !
Bon ! Je disais : " C'est un scandale "… Pourquoi, en prononçant cette expression, on pense immanquablement à Georges Marchais ? Sans doute parce que Jojo a marqué son époque, comme le " nain de jardin " ne le fera sans doute jamais. Je ne sais pas vous, mais moi j'aime bien les gens qui ont l'air de ce qu'ils sont. Un communiste doit ressembler à un co… A un " communiste ", bien sûr, je ne permettrais pas ! D'autant moins que, si le jour de mon baptême j'ai recraché l'eau bénite, avec laquelle ce brave curé m'avait mouillé les lèvres, en jurant comme un charretier, c'est parce que mon parrain était en prison quand j'avais l'âge de supporter en silence ou en pleurant de façon inintelligible. Ce brave homme, mon parrain, pensait-alors que le père Adolf allait faire le bonheur des masses laborieuses, parce qu'il avait embrassé le " Petit Père du Peuple " !
Voilà encore que je m'égare ! Revenons à notre propos initial : c'est un scandale ! La voilà bien l'influence pernicieuse de l'Euro sur l'inflation… Au fait, vous avez vu qu'un tribunal européen a condamné la France pour avoir fait un procès inique au père Papon. Décidément on en sort pas ! En voilà encore un qui a cru que le salut viendrait du père Adolf. Il est vrai que lui n'a pas changé d'avis, sans doute parce que l'Adolf n'a pas envahit le Vatican !
Quand je pense que je m'étais dit : " surtout ne parle pas de politique, ton dernier numéro pourrait te valoir les foudres du Conseil Régional et du Conseil Général réunis " (en congrès… Non, ça c'est fini !). Je commence à parler très sérieusement d'un problème économique grave et voilà que je bavarde, bavarde, bavarde et raconte n'importe quoi !
Restons en donc à l'économie pure et dure ! Réveillez d'abord ce brave Barre qui dort ! C'est peut-être le seul qui puisse comprendre la subtile technicité de mon problème d'économie appliquée. Au fait, le " professeur " a pris sa retraite, cela doit faire un grand vide à la Chambre, qui ne portera plus, désormais, aussi bien son nom sans lui.
J'en viens enfin à l'essentiel, car je sens que mes lecteurs se lassent, surtout ceux qui, grâce à leur jeune âge ou à leur étrangeté, ne connaissent pas un seul des personnages que j'évoque. Étrangeté ? C'est peut-être pas le bon mot… Je me suis toujours demandé pourquoi seuls les Français avait un drapeau tricolore, alors que la grande majorité des autres drapeaux nationaux le sont aussi, et pourquoi tous les habitants du Monde, qui ne sont pas français, sont des étrangers et que pas un seul Français ne l'est !
C'est un scandale ! Oui, Monsieur le Ministre des Finances dont je ne connais pas le nom, c'est encore un méfait à mettre au passif le l'Euro ! Quand je pense au nombre de décennies qu'il m'avait fallu pour commencer à compter en nouveaux Francs ! On aurait du écouter Fernand Pasqua ! (Fernand, c'est pour la ressemblance !).
Que je vous expose enfin mon problème : les jeunes vendeurs de quenettes, qui les proposent à la sauvette à l'entrée de Sainte-Anne, en voulaient dix Francs du paquet, la saison dernière, et en demandent deux Euros, actuellement. Et les paquets ne sont pas plus gros ! Une inflation vertigineuse, qui pourrait remettre en question tout l'équilibre économique mondial, sans que personne ne fasse rien !
C'est quoi les quenettes ? Un fruit typiquement tropical : un énorme noyau, une peau épaisse et un soupçon de chair, qui oscille entre l'acide et le douçâtre, en fonction de leur maturité. Un truc absolument immangeable, que seul les masos peuvent apprécier. C'est comme les artichauts : quand t'as fini de les manger, t'en a beaucoup plus qu'avant !