Si l'Égypte antique, du fait de l'Élohim des Juifs, connut sept plaies, les Antilles en connaissent au moins deux aujourd'hui.
La première est un tout petit insecte volant. On nous dit que l'on n'entend pas la balle qui nous tue, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de vérifier cette maxime. Par contre, je sais, par expérience, que l'on ne voit pas et que l'on n'entend pas le moustique qui nous pique. On découvre sa piqûre, avec colère, quelques instants après son départ. Il ne reste plus qu'à se gratter en maudissant, en vrac, les écologistes que l'on soupçonne de vouloir préserver l'espèce ; les chasseurs qui ont usé de leurs lobbies pour faire cesser les épandages d'insecticide, afin que leurs proies ailées ne soit pas mises à la disette ; les représentants de la DDASS, paresseux comme tout bons fonctionnaires ; les hommes politiques inefficaces (pléonasme ?).
Quoi qu'il en soit, même si les touristes sont leurs premières victimes (excellent pour l'image du pays), les malheureux indigènes, que nous sommes, sont persécutés à longueur d'année.
La seconde plaie… J'hésite à donner son nom. Si je n'ai jamais rencontré un Guadeloupéen qui prenne la défense des moustiques, j'ai conscience de m'attaquer, cette fois, à un animal sacré.
Le coq, car c'est bien de lui qu'il s'agit, est pourtant la plus stupide des volailles. Qu'il soit de combat ou simple reproducteur, il chante nuit et jour aux quatre coins de l'île.
La densité de ces animaux est proprement stupéfiante ! Pour les dénombrer, on a plus vite fait d'en attribuer un, au moins, à chacun des habitants autres que les Métros, et ceci, sans distinction de classe sociale ou de quartier (il suffit de les voir courir dans les rues de Pointe-à-Pitre !).
La pollution sonore due à ces volatiles est considérable. On reconnaît un touriste, qui a déjà logé en Guadeloupe, au fait qu'il s'inquiète, au moment de la réservation, de savoir s'il y a des coqs dans le voisinage. Il y a TOUJOURS des coqs dans le voisinage, mon bon Monsieur ! La seule question à poser serait : à quelle distance se trouve le premier coq ?
On me souffle, dans mon dos, de parler du gwoka et des scolopendres, mais ils ne répondent pas à la définition de calamités, car ils ont un caractère aléatoire, que n'ont certainement pas les deux plaies citées.