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VISITE DE LA GUADELOUPE EN TROIS JOURS.

Je vais présenter trois journées de visites, dont l'objectif sera de montrer les principaux visages de la Guadeloupe. Trois journées, nécessaires et suffisantes, pour ceux qui disposent de peu de temps et veulent profiter largement des plaisirs de la plage. Les choix sont évidemment subjectifs, mais largement raisonnés.
Ces journées sont essentiellement des circuits effectués en voiture automobile, sur de routes qui sont excellentes, par rapport à celles des Antilles voisines, mais parfois un peu difficiles, par rapport à celles de l'Europe du Nord.
Attention ! Les routes de Guadeloupe sont meurtrières. Les Guadeloupéens sont généralement calmes et courtois au volant, mais une minorité d'excités fait monter les statistiques macabres. Il faut toujours s'attendre à voir un véhicule déboucher, en pleine gauche, à la sortie d'un virage !

Dans l'arc des petites Antilles, la Guadeloupe est une grande île, pourtant son territoire a une superficie modeste, que l'on peut parcourir facilement en quelques jours de voiture. Ce qui distingue la Guadeloupe des îles voisines, c'est l'extraordinaire diversité de ses paysages.
La première cause de diversité est due au fait que cette 'île est, en fait, constituée par deux îles, aussi différentes, l'une de l'autre, qu'elles peuvent l'être.
Basse-Terre (la première que vit Christophe Colomb, d'où son nom), est un ensemble volcanique, dont l'un des volcans, la Soufrière, est toujours en activité. C'est une île au climat tropical, bien arrosée, où la forêt tropicale et les cultures de la banane et de la canne à sucre dominent.
Grande-Terre, est un plateau calcaire, issu de la mer et constitué de coraux agglomérés. Au sommet du morne Montmain, mon jardin est plein de coquillages fossilisés. Le climat de cette île est plutôt méditerranéen et a tendance à s'assécher progressivement. Si la culture de la canne est encore prospère dans le Nord, le Sud et en particulier la pointe de Saint-François, deviennent de plus en plus arides.
Une deuxième cause de diversité vient du fait que la Guadeloupe, sur le plan administratif, est un archipel. Celui-ci rassemble des îles proches : Marie-Galante, la Désirade, les Saintes, Petite-Terre, et des îles lointaines : Saint-Barthelémy et Saint-Martin.
Au cours de mon récit, je vais faire référence à des modèles métropolitains. Ce n'est absolument pas dû à une quelconque nostalgie, mais au désir d'être bien compris sans avoir à développer exagérément mon texte.

Lors d'une visite de la Guadeloupe métropolitaine (mais au fait, qu'elle est l'île que Colomb a baptisée Guadeloupe ? Basse-Terre, sans aucun doute !), il faut pouvoir apprécier toute la diversité des sites.
A tout seigneur, tout honneur, on va commencer par Basse-Terre, l'île verte et rouge.
Le premier circuit nous amènera d'abord à Sainte-Rose, au Nord de l'île. Il serait bon d'y arriver vers 9 heures, pour voir rentrer les pêcheurs qui arrivent du Grand Cul-de-Sac Marin, en bordure duquel la ville se trouve. Ce vaste espace naturel, que je désignerais comme étant la Camargue guadeloupéenne, mérite, à lui seul, une journée de visite. On peut le faire en bateau ou en canoë. Ses îlots déserts ou très fréquentés, son immense mangrove, sont un monde à part qui ne manque pas de charme.
Mais, pour ce premier jour, on repartira assez vite de Sainte Rose pour rouler vers Deshais. Arrêt obligatoire et bain à Grande Anse, la plus belle plage pour adultes bons nageurs de Guadeloupe.
Attention ! Quand la mer des Caraïbes est agitée, ce qui est assez rare, les plages du Nord-Ouest de Basse-Terre peuvent être dangereuses.
Même si l'on ne se baigne pas, la grande plage de sable blond, de Grande Anse, vaut le coup d'œil. On appréciera l'arrière-plage, ombragée de cocotiers, qui est l'une des caractéristiques agréables des plages antillaises.
On ne perdra pas de temps à visiter la petite ville de Deshais, qui, comme la plupart des villes des Petites Antilles, est sans intérêt. Par contre, à la sortie de Deshais, on ne manquera pas l'embranchement qui monte vers le Jardin Botanique.
La visite de ce magnifique jardin, tout en ruisseaux et en cascades, est la meilleure façon de se plonger dans la végétation tropicale et dans l'atmosphère méditerranéenne de la côte Ouest de Basse-Terre. Un repas, pris au restaurant panoramique du jardin, ponctuera agréablement cette matinée. Accessoirement, vous pourrez voir, extérieurement, le bungalow dans lequel Coluche venait en vacances. La mise en avant de Coluche me semble desservir le site, plus que le mettre en valeur. J'adorais Coluche, mais la dénomination d' " ex-propriété de Coluche " me faisait craindre de tomber dans un " attrape-couillons ", ce qui est loin d'être le cas.
Le retour se fera en empruntant la Route de la Traversée, une belle trouée dans la forêt primaire de Guadeloupe, l'une des mieux conservée des Antilles.
Ne pas oublier que les journées sont très courtes, sous les tropiques. Prévoir de voyager tôt le matin et réserver vos soirées au restaurant ou à la danse, si le décalage horaire vous le permet.

Interlude pour compléments d'informations : la plongée sous-marine, à Malandure, dans la fameuse Réserve Cousteau, où fut tourné le film " Le Monde du Silence ", peut constituer le but d'une journée en soi, comme la pêche aux Gros, sur les récifs artificiels de la Mer des Caraïbes. De même, une promenade, à pied ou en 4x4, dans la forêt tropicale, si l'on est vraiment mordus. Pour les autres, la route de la Traversée et la visite des deux cascades les plus accessibles (deuxième journée) seront largement suffisantes.

Le second circuit est soumis à quelques conditions. Si l'on veut absolument voir la gueule de la Soufrière, c'est possible avec de bonnes chaussures de marche et de bons mollets, mais il faudra respecter deux conditions :
-- La première, qui ne dépend pas de vous, est la plus importante : choisir une journée très claire. La visite du volcan, c'est comme le survol en avion de l'île (possible à partir de l'aéroport de Saint-François), on ne la programme pas à l'avance ! On se dit : ce sera la première fois que le temps sera clair.
-- La seconde : se trouver au bas de la montée pédestre, vers le sommet, au lever du jour, de façon à être au sommet avant 9 heures du matin, heures à partir de laquelle les nuages s'emparent du site. A 10 heures, c'est fini, inutile de se fatiguer et de prendre des risques de glissades ! Les journées de temps clair, sur la Soufrière, après 10 heures du matin, se comptent sur les doigts des deux mains et des deux pieds, dans une année.
La route, qui mène au sommet de la Soufrière, traverse la ville de Basse-Terre, mais je ne donnerai aucun itinéraire, pour ne pas surcharger ce numéro, tous les guides (le Petit Routard, par exemple) le font correctement.
Pas très loin de la ville de Basse-Terre, en remontant vers Pointe-à-Pitre par la côte Est, se trouve l'accès aux cascades qui frappèrent les esprits des hommes de Colomb, quand ils virent la Guadeloupe pour la première fois.
La visite de la première cascade, la plus haute en altitude, est réservée aux très bons marcheurs, bien équipés. La vision de cette chute, au débit modeste, ne sera qu'un prétexte, pour eux, la marche en forêt étant le véritable objectif. Attention ! En cas de pluie, danger ! Et le sommet de la Soufrière, tout proche, est l'un des dix sites les plus arrosés au monde, avec plus de 11 mètres de précipitations annuelles (il faut bien alimenter les cascades).
Si l'on est un peu handicapé ou particulièrement flemmard, on se contentera de la visite de la troisième chute, dont l'accès, à pied, est particulièrement aisé. Au passage, on pourra voir le Grand Étang, un site particulièrement typé de la forêt tropicale.
Pour compléter cette journée, si l'on a abandonné le projet de gravir la Soufrière, on pourra visiter, aux environs de Petit-Bourg (toujours plus haut vers P.A.P), la plantation Grand Café, une plantation de bananes. La connaissance de la culture de ce fruit est un élément important de la culture antillaise. On pourra visiter, également, le parc floral de Guadeloupe, le Domaine de Valombreuse, qui ne fera pas double emploi avec le parc de Deshais. Autant celui de Deshais est lumineux, autant celui-ci, installé (comme son nom l'indique) dans un vallon très ombragé et très humide (donc relativement frais), permet une plongée dans l'atmosphère glauque d'une forêt tropicale la plus épaisse. Le restaurant ( recommandé) est tout en bas, dans un endroit ou il ne faudrait pas rester trop longtemps, sous peine de voir pousser de la mousse sur sa peau. En Europe du Nord, ce serait un coin abominable, sous les tropiques, c'est un endroit divin.
Attention ! Ne pas oublier qu'à 16 heures la journée est terminée aux Antilles.

Le troisième circuit nous conduira sur Grande-Terre. C'est lui qui vous fera parcourir le plus de kilomètres. Il commencera par la traversée de la Côte d'Azur guadeloupéenne. De Gosier, que l'on ne verra pas, à Sainte-Anne, que l'on traversera et où l'on pourra se baigner sur la plage municipale, la plus belle plage familiale de la Guadeloupe, puis à Saint-François, que l'on ne traversera pas, également, en prenant délibérément, à chaque rond-point, la direction de la Pointe des Châteaux.
Nous entrons là dans la partie bretonne de la Guadeloupe.
Après avoir admiré les fameux châteaux de roches et les brisants des vagues de l'océan atlantique, qui arrivent du grand large, on retournera vers Saint-François. Au premier carrefour, qui le permettra, on prendra la direction du Moule, puis de Anse Bertrand, tout à fait au Nord de Grande-Terre.
L'objectif est la côte très sauvage du Nord de la Guadeloupe, avec la Pointe de la Vigie et la Porte d'Enfer. Des sites grandioses et tellement différents de tout ce que l'on a vu jusqu'ici !
La descente, vers le Sud, pourra se faire par Port-Louis (la Guadeloupe profonde, sans touristes, mais avec une population d'une amabilité originelle) et Morne-à-l'Eau.

Au cours de ces trois journées, on aura vu les principaux aspects de la Guadeloupe. Rassurez-vous, il reste beaucoup de choses à faire, mais, pour un premier contact, c'est déjà pas mal ! Venir en Caloucaera sans profiter des plages serait un non-sens !


A présent, les images :
Jardin botanique de Deshais.
Chez Coluche.
La Pointe des Châteaux.
La côte Nord de Grande-Terre.
La plantation Grand Café.
La Soufrière sans nuage.
Une partie de la plage de Sainte-Anne.
Une partie de la plage de Grande Anse.


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