On ne ressort jamais indemne d'une lecture du rapport annuel de l'Institut d'Émission des Départements d'Outre-Mer (IEDOM) !
Le premier tableau qui saute aux yeux, est celui de la balance commerciale. N'est-ce pas celui qui conditionne une éventuelle autonomie, à laquelle beaucoup aspirent, ou une problématique indépendance, chère au Parti Communiste Guadeloupéen et aux syndicats qui lui sont inféodés.
En 2001 et en millions d'Euros :
Importations
Exportations
Solde Commercial
Taux de couverture
+ 1.835
+ 169
- 1.666
9,2 %
Quand on sait que ses exportations sont essentiellement des produits agricoles (sucre et bananes), achetés par la Métropole, à des prix soutenus par l'Europe très au-dessus du cours du marché mondial, on se demande quelle est la valeur réelle de ces 9,2% ?
Mais, supposons !
Question idiote n° 1 : Quant un pays, dont le taux de couverture est de 9,2%, devient indépendant, par quel coefficient doit-on diviser le niveau de vie de ses habitants ?
Bon ! J'ai dit que c'était une question idiote. Qui parle de façon censée d'indépendance ? Ceux qui se proposent de vendre leur sucre et leurs bananes aux Cubains ? Sans doute pas.
Un jour, j'ai entendu Lucette faire une belle péroraison (elle en est très capable) sur le fait que les impôts guadeloupéens alimentaient la Métropole, qui ne les reversait pas intégralement. Il est bien connu que nous, Guadeloupéens, avons financé le T.G.V et subventionné le métro parisien.
Que dit l'IEDOM du compte de l'État dans le département :
En 2001 et en millions d'Euros :
Recettes fiscales et autres
Dépenses locales de l'État
Solde déficitaire
+ 774
- 1.245
- 471
Question idiote n° 2 : Lucette voudrait-elle bien m'informer de la façon dont nous avons financé le T.G.V ?
Que ceux qui s'imaginent, que tout cela a pour objectif de déclarer que la Guadeloupe coûte très cher aux Français et que les Guadeloupéens devraient leur en être reconnaissants, se trompe lourdement.
Les Départements d'Outre-Mer sont une formidable chance pour la France, et maintenant pour l'Europe, d'occuper une place importante sur l'échiquier mondial. Leur coût, fort modeste par rapport aux budgets français et européens, est le juste prix à payer pour conserver cette présence essentielle dans les principaux océans et continents mondiaux.
Il serait d'ailleurs temps que l'on s'aperçoive, ici et là-bas, que les Départements Français d'Amérique peuvent jouer le rôle d'une formidable tête de pont entre l'Europe et la Caraïbe et l'Amérique du Sud.
Mon objectif est plutôt de donner à penser, à mes compatriotes, qu'il ne faut pas toujours croire au chant des sirènes, même s'il est apparemment aussi raisonnable que celui de Lucette.