Les flamboyants fleurissent et la saison des pluies semble s'être installée.
Je me rends compte, soudain, qu'il y a fort longtemps que le Petit Journal n'a pas paru. Rassurez-vous, charmantes lectrices, tout va bien sur le morne ! Le rédacteur en chef du journal était simplement occupé à d'absorbants travaux de bricolage.
Cette saison sèche inattendue, que nous connûmes au début du mois de juin, me donna à penser qu'il était peut-être temps de finir les travaux de peinture extérieurs. Jusqu'ici, ma maison était peinte à la guadeloupéenne, c'est-à-dire seulement en façade. J'ai décidé de compléter le décor et de faire profiter mes voisins arrières de la belle couleur blanche. J'ai pu ainsi vérifier le vieux dicton : " donne un rouleau et de la peinture à un âne et il cessera de braire ! "
Il était d'ailleurs temps que je m'y mette ! Naturellement, il me manquera sans doute une ou deux journées de beau temps sec.
Cette semaine, j'ai eu des nouvelles de Jean-Louis et de Dominique, les deux valeureux navigateurs que j'ai laissé poursuivre leur remontée-flânerie vers le Québec (voir la croisière de retour du Galexia dans les n° 47 à 51).
Traînant dans un bar d'un port de la Caroline du Nord, il rencontrèrent Harold, un américain francophone, qui les invita à venir chez lui pour profiter d'Internet. Après avoir parcouru les derniers numéros du Petit Journal, ils m'adressèrent un salut amical. Quelle fabuleuse invention que le Web !
Me reportant au numéro 48, je constate que le superbe catamaran a quitté la marina de Bas du Fort, le vendredi 5 avril, à 11 heures. Voilà une intelligente façon de voyager ! Trois mois pour relier Pointe-à-Pitre à Newport (but final du voyage, qu'ils comptent atteindre avant la fin du mois de juin), est un bon rythme, qui fait d'avantage penser aux périples des voyageurs éclairés, du siècle dernier, qu'aux voyages " fast-foods " proposés par les Tours-Opérateurs : " Visiter les U.S.A en huit jours ! Sept nuits d'hôtel ".
Il est vrai que Jean-Louis, mon cousin québécois réapparu, est un sage, doublé d'un humaniste goguenard. Il voyage autant dans les âmes que dans les paysages.
Mais pourrai-je trouver, un jour, trois mois de disponibilité, dans ma retraite laborieuse ?
En parlant de retraite, je suis en train de vérifier, à mes dépends, la rumeur qui accuse la Sécurité Sociale de la Guadeloupe de faire fructifier en banque, le plus longtemps possible, les sommes qu'elle doit verser à ses administrés. Afin de constituer mon dossier, on me demande des justificatifs, au rythme redoutable d'un justificatif par mois. Le dernier, étant un R.I.B, je pensais enfin atteindre le Nivarna. Hélas, un mois après, on me réclame le fameux R.I.B que la Poste aurait égaré. Comme la retraite complémentaire et celle des cadres ne fonctionnent qu'à partir du moment où la retraite de la Sécurité Sociale s'est mise en place, vous voyez le tableau : " il faut être riche pour partir en retraite en Guadeloupe ! ".
Il faut aussi être riche pour être malade en Guadeloupe ! Lili, qui est ici depuis plus d'un an et qui " bénéficie " d'un remboursement à 100 % pour sa grave maladie, n'a toujours pas de carte de Sécurité Sociale locale. De ce fait, la Métropole ne rembourse plus et la Guadeloupe pas encore.
On se demande pourquoi certains Métros accusent les administrations locales d'être racistes !