Un projet de déviation de la route nationale 4, pour contourner Sainte-Anne, est actuellement en enquête publique. Aussitôt, un Comité Contre le Projet s'est constitué. Voyons tout cela de plus près.
Le bourg de Sainte-Anne représente un bouchon d'étranglement pour les automobilistes qui veulent se rendre dans la partie Est de Grande-Terre ou, à l'inverse, qui veulent rejoindre Pointe-à-Pitre et les zones industrielles, en partant de cette région touristique de l'île. Avec le développement accéléré de Saint-François, ce bouchon prend des proportions considérables, mettant les nerfs des conducteurs à rude épreuve et produisant des nuisances importantes dans le secteur de Sainte-Anne.
L'Administration, toujours en retard d'une guerre, met actuellement en enquête publique un projet de contournement pour résoudre ce problème. Si tout va bien, la réalisation du projet sera terminée dans 15 ans, alors que le problème est déjà sérieux actuellement et risque de devenir tragique dans quelques années. Bon, de cela nous avons l'habitude, si gouverner c'est prévoir, il faut aussi tenir compte des intérêts à relatif court termes de nos gouvernants.
Par contre, j'ai été frappé par la qualité du projet, s'il arrive un peu tard, il ne sera pas ridicule lors de sa mise en exploitation. La déviation démarre très en amont de Sainte-Anne et rejoint la route actuelle très en aval, empruntant un tracé nouveau, mieux adapté que la route de contournement actuelle (qui passe par les Grands-Fonds), que personne n'utilise car elle est beaucoup plus longue et beaucoup plus scabreuse que la route du bord de mer. La déviation réussit même l'exploit d'être plus directe que la route actuelle et de passer par des zones très peu habitées. Son gabarit et les ouvrages associés (rond-points, bretelles d'accès…) sont dignes de ce que devront être les routes de Guadeloupe dans 15 ans et donne à penser que ce tronçon sera complété, pour doter, cette zone à fort développement, d'un accès enfin correct. D'autre part, j'apprécie l'idée que la route du bord de mer soit réservée au trafic purement touristique, pendant que la circulation intense se fera par une route intérieure. Enfin, un bon travail de technocrates !
Mais voilà, qui dit route nouvelle, dit expropriations, nuisances pour des gens installés dans un secteur tranquille, voire destruction de quelques éléments intéressants de l'environnement. Une fois de plus, l'intérêt particulier est confronté à l'intérêt public.
En bref : doit-on, au nom de la sauvegarde d'un état présent des lieux, étouffer le développement économique d'une région ?
Cette question n'est pas sans intérêt, mais fort difficile à solutionner avec élégance !
Quels sont les arguments du Comité Contre ?
--- un projet trop gigantesque,
--- une route trop importante,
--- ...
Tous les éléments positifs, que j'indiquais plus haut, deviennent des critiques. Tous les habituels arguments écologistes sont repris avec soin : destruction de manguiers plusieurs fois centenaires, de zones de nidification et de reproduction des oiseaux, de zones agricoles…. Favorisons le transport en commun…
Je peux d'autant mieux le dire que je serai touché moi-même par les nuisances : je ne vois, dans ces arguties, que les témoignages du désarroi de ceux que la déviation va perturber ou léser.
Ce préoccupent-ils des nuisances que subit la nombreuse population qui vit près de la route actuelle ?
Ce demandent-ils ce que sera la vie des habitants de Saint-François, quand il leur faudra 2 heures pour se rendre sur leur lieu de travail, dans une île grande comme un mouchoir de poche ?
Mes amis, mes voisins, je comprends votre colère, mais ne peut-on pas, de temps en temps, penser aux autres, à ceux qui vivent dans la même société que nous ?
Il reste encore beaucoup de sites tranquilles sur Marie-Galante, où les routes goudronnées sont encore rares.