La libre littérature française des Amériques






VU A LA TELEVISION !



Un Monsieur, présentant bien et s'exprimant clairement, qui déclarait posément, en évoquant une demande de financement adressée à Paris :
"Si la Guadeloupe était indépendante, nous n'aurions pas à mendier de l'argent en Métropole, nous pourrions prendre immédiatement la décision d'affecter cet argent à une tache d'intérêt public !"
Le journaliste de la chaîne publique acquiesce d'un petit hochement de tête, sans faire remarquer à son interlocuteur que, si la Guadeloupe devait vivre sur ses revenus propres, il n'y aurait probablement pas d'argent dans ses caisses.

Dans son dernier rapport, l'IEDOM note que l'économie guadeloupéenne, qui se porte plutôt bien, est essentiellement basée sur des apports financiers venant de France métropolitaine : paie des fonctionnaires et assimilés, budgets de fonctionnement des services publics et des communautés locales, injection directe dans les grands projets. Le déficit entre les impôts levés sur place et l'argent injecté par l'état étant considérable et ce malgré le nombre important de fonctionnaires qui paient leurs impôts avec une prime supplémentaire de 40 % par rapport aux fonctionnaire résidants en Métropole.

Ce qui est regrettable, ce n'est pas que les Guadeloupéens aient, en général, des notions d'économie pratiquement nulles - les Métropolitains ne sont guère mieux lotis dans ce domaine, la campagne présidentielle nous le démontre largement - mais que ceux qui devraient détenir cette connaissance, les hommes politiques, les journalistes, les enseignants, ne fassent pas un effort de pédagogie pour faire évoluer leurs compatriotes sur ce sujet.
Quand je parle de journalistes, je n'évoque pas ceux de la chaîne Canal 10, mais ceux des chaînes publiques et du journal France-Antilles.

Autre scène vue à la télévision, il y a quelques mois, un planteur de bananes se plaignait amèrement que les subventions affectées à cette culture venaient de baisser dramatiquement, mettant en danger tout un secteur de l'économie agricole, déjà pas brillante.
Le journaliste lui répondit :
"Hé oui, les fonctionnaires de Paris sont loin de nos préoccupations locales !"

Je ne veux pas croire que ce soi-disant journaliste ne savait pas que Paris n'est en rien responsable de cette diminution des aides, que c'est l'Europe qui a été contrainte à le faire sous une pression internationale, menée par des pays concurrents, avec les "frères" brésiliens en tête du combat.

À ce niveau-là de désinformation, il ne peut plus y avoir de hasard, mais sans doute la volonté délibérée d'une élite locale, qui rêve de devenir la nomenclatura d'une Guadeloupe devenue indépendante et aussi misérable que sa grande sœur haïtienne, que les cadres de l'U.G.T.G prennent comme modèle politique.

Oui ! Le citoyen guadeloupéen moyen s'assoit sur son orgueil qui le pousserait à vouloir son indépendance (ce que je comprends très bien), au profit des bénéfices d'une Société de consommation dont il apprécie de plus en plus les fruits.
Qui pourrait lui en vouloir quand il a sous les yeux, journellement, le spectacle de la misère du monde et, plus particulièrement, celle de sa mère-patrie africaine ?

On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, l'argent de la France métropolitaine et de l'Europe et l'indépendance de la Guadeloupe.
D'ailleurs, dans ce monde où sévit la Mondialisation, qui est un phénomène absolument irréversible, quel petit pays peut se prétendre indépendant ? Quel petit pays n'est pas contraint de faire le beau devant le FMI pour avoir quelques subsides ?



Numéro suivant

Retour à la page index

Retour au Site Portail : caloucaera.net