La libre littérature française des Amériques







FOIN DES GRANDES QUESTIONS,
PARLONS UN PEU DE FUTILITÉS ET DE MOBALPA !



À vouloir suivre l’actualité, je ne traite plus que des sujets attristants. Il faut que je me surveille, car je vais me prendre pour un journaleux ! La Guadeloupe ne devrait pas inspirer d’idées mélancoliques à ses habitants. Pourtant, quand on regarde les chaînes de télévision locales, on a l’impression que beaucoup d’entre eux cultivent un mal-être diffus et sont toujours désespérément en quête de leur identité. Pour moi, qui les regarde de près et de suffisamment loin, les Guadeloupéens me rappellent étonnamment mes compatriotes méditerranéens, les méridionaux de la Métropole : des nonchalants qui peuvent être de gros travailleurs, des souriants qui peuvent prendre de grosses colères. Je crois que les Guadeloupéens sont les méridionaux de la Caraïbe, c’est sans doute pour cela que je me sens si bien dans leur pays.

En attendant, les meubles de la cuisine de Patricia ont été installés. MOBALPA a fait du beau travail et les installateurs locaux, superbement managés par un Belge, une fois, ont été à la hauteur du constructeur métropolitain. Il reste, pour finir l’équipement, à mettre en place les plans de travail en granit et tous les accessoires qu’ils supportent. Espérons que cette seconde phase, réalisée par une autre entreprise, se passera aussi bien que la première. Je vous le dirai, mes loulouttes qui attendent avec impatience pour savoir si vous allez commander la même cuisine.


COMPLEMENT AJOUTE LE 25/01/2005 :

Pour ce qui est du plan de travail en granit, nous n'avons eu qu'à nous louer du fournisseur et du produit, même après deux ans d'usage.
Par contre, il est tentant de faire objectivement le point sur cette cuisine MOBALPA, dexu années après sa mise en service.
Cette cuisine était chère, près du double du prix de certains produits locaux. Leur est-elle supérieure pour autant ?
Ma femme et moi, nous n'en sommes pas vraiment convaincus.
Certains artisans locaux nous avaient fait douter de leur capacité à respecter les exigences dimensionnelles de mon épouse. De ce côté-là, nous avons obtenu satisfaction avec notre fournisseur, non sans avoir dû le forcer dans ses retranchements, grâce à une retenue de garantie de bon achèvement substantielle.
Par contre :
--- Les fameuses charnières garanties à vie ( ?) ont la fâcheuse tendance à rouiller sous un climat tropical.
--- Les poignées se sont très vite oxydées, au contact des mains humides, fatales dans une cuisine.
--- Les plans de pose inférieurs font ventre et apparaissent sous les portes, comme de vulgaires panneaux d'aggloméré qu'ils sont.
--- Plus grave encore, la chaleur du four détruite la porte placée au-dessus, qui n'est absolument pas protégée contre elle. Notre conclusion : les prix de CUL INA, même après avoir négocié d'importantes remises, restent chers par rapport à la qualité réelle du produit.


Actuellement, la chasse à l’escargot bat son plein. Les énormes achatines, que les Guadeloupéens ne consomment pas, mais que quelques Métros apprécient, envahissent les jardins, dévorant tout sur leur passage. Heureusement, la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Ennemis des Cultures, dont je suis adhérant, nous fournit en granulés dont l’effet est foudroyant. Les pauvres bestioles, que l’on a baptisées « Ennemis des Cultures », se retrouvent le ventre en l’air en moins de deux. Que les âmes sensibles me pardonnent, mais j’ai choisi résolument mon camp, celui des fleurs et de la verdure, contre les envahisseurs parasites qui veulent faire de notre paradis un désert !

À ce propos, après la sécheresse, voilà une autre des sept plaies de l’Égypte qui s’est abattue sur les champs : des millions de chenilles ont dévasté quelques hectares de cultures. À tel point, que Lucette, elle-même, a été conviée à venir exorciser la malédiction. En la voyant à la télévision, j’ai trouvé qu’elle avait arpenté les champs avec beaucoup d’élégance, dans son tailleur de bonne coupe. Au cours de la même émission, visitant une station de pompage, jadis offerte par la Région, la première dame de Guadeloupe a vertement réprimandé les agriculteurs qui la recevaient, en leur faisant remarquer qu’ils auraient pu débroussailler la jungle qui étouffait la dite pompe, ha mais !...

Qui dit chenilles, dit papillons. Les Métropolitains qui se plaignent de ne plus voir suffisamment de ces gracieux volatiles (hum, je crains que cela ne soit pas le bon terme, les vifs colibris, étincelants comme des diamants noirs, vont en prendre ombrage !), devraient venir au morne Montmain, où ils pourraient satisfaire leur intérêt. Cela prouve, au moins, que mon action destructrice d’insectes n’affecte pas beaucoup les papilionacés (flutte, ce n’est pas encore le bon terme, il va falloir que je révise ma botanique !).

Au cours des dernières années de sa vie, Boris VIAN collabora avec une revue de Jazz, pour laquelle il écrivait une chronique intitulée « On est cerné par les Cons ! ». Avec sa verve habituelle, il y pourfendait tous ceux qui disaient du mal de sa musique préférée. Imitant ce maître que je révère, je serais tenté d’ouvrir une chronique intitulée « On est administrés par des Cons ! », dans laquelle je recenserais les plus grandes énormités commises par les administrations, à notre encontre.

Pour l’instant, la palme revient sans conteste au Service de la Redevance Audiovisuelle de Toulouse. Il y a trois ans, m’apercevant que ma belle-mère, Lili, chez laquelle se développait inexorablement la maladie d’Alzheimer, payait par chèque la redevance qui était déjà prélevée automatiquement sur son compte bancaire (sans que cela trouble le moins du monde l’administration concernée), j’écrivis à cette dernière pour signaler la chose et pour lui demander de m’adresser, en région parisienne, le courrier qui était destiné à ma parente. À partir de ce moment, Lili paya deux fois la redevance chaque année, une fois pour sa résidence à NICE, une fois pour mon adresse de région parisienne, que j’avais eu le malheur de leur donner. Je vous passe les lettres recommandées, avec accusé de réception, pour lesquelles je n’eus jamais la moindre réponse.

Les choses se corsent depuis que j’ai signalé que Lili habitait désormais chez moi, en Guadeloupe, qu’elle n’avait plus de téléviseur personnel et que, de toute façon, son état de santé aggravé ne lui permettait plus de suivre une émission. Que pensez-vous que Toulouse fit ? Elle passa le dossier au centre de Rennes, dont dépendent les DOM, ce qui vaut à présent à Lili le privilège de payer trois fois la redevance pour un poste qu’elle ne possède plus.

Qui dit mieux ?


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