FIN DE L'ETE, DEBUT DES CONFLITS POLITIQUES A DROITE.
Voici la fin de l’été qui approche sous les tropiques. Je n’ai pas dit la fin de la saison des pluies, qui aura lieu normalement au mois de janvier. Rien ne change au cours de la journée, température maximale autour de 30°, soleil très chaud, eau de mer autour de 29°, c’est seulement la nuit que la température descend de quelques degrés supplémentaires. En aération naturelle, on finit sa nuit avec un drap sur le corps, ce qui est un vrai luxe.
Les averses tropicales continuent à passer, apportant leur eau bienfaisante, indispensable à l’entretien de l’exubérante végétation. Temps moyen d’un passage, environ 40 secondes. L’automne, avec ses feuilles qui rougissent, viendra après le mois de janvier, quand l’eau se fera plus rare.
Le cycle de la végétation tropicale est très court et les développements des plantes très rapides. Au moment du début de la saison des pluies, la végétation s’est rabougrie et les paysages de la Grande-Terre ont pris un aspect très méditerranéen. En quelques jours, après de belles précipitations, c’est le printemps, la végétation démarre. Si vous laissez faire, en quelques semaines, vous vous retrouvez avec de véritables arbres, là où il n’y avait qu’un peu de la pelouse sèche. Ainsi, mon déplacement en Métropole, au moment stratégique, me vaut, sur la partie arrière du terrain, une forêt d’arbustes de 4 à 5 mètres de haut, avec des troncs dont les diamètres peuvent dépasser 10 centimètres. Pour accéder à un chantier abandonné à la fin de la saison sèche (le local technique de ma piscine), il me faut progresser à la machette, alors que tout était ras avant mon départ.
Des graines de papayes, abandonnées par les ouvriers du chantier du bungalow en début d’année, nous vaudrons sans doute une belle récolte avant le carême. Ne parlons pas des bananiers dont la pousse est encore plus spectaculaire, comme certains bambous asiatiques, on peut littéralement voir pousser ses herbes généreuses et leurs fabuleux régimes de fruits.
Il faut avouer que sur le morne Montmain, même en trichant un peu, on ne peut obtenir que des bananiers nains, ceux d’ailleurs qui donnent les bananes les plus savoureuses. Il nous faudrait trois à quatre fois plus de précipitations pour avoir une véritable production commercialisable.
Comment on peut tricher ? En détournant les évacuations des douches de leurs cheminements vers la fosse septique, en direction des bananiers et pour leur plus grand profit.
Après Lucette, voici la position de Marlène, notre nouveau maire de Sainte-Anne. J’avais déjà pressenti le pragmatisme placide de cette dame, en voici une excellente preuve.
Pendant que beaucoup d’hommes politiques fantasment sur le nouveau statut de la Guadeloupe, Marlène Captant déclare ce qui suit :
« Ce qu’attend la population, ce n’est pas un changement de statut, qui ne résoudra rien, mais elle a besoin de sécurité et de stabilité. On ne pourra rien faire, s’il existe l’insécurité, la violence, la confusion et l’incertitude. Il faut une stabilité indispensable au développement de la Guadeloupe. La décentralisation n’a pas atteint ses limites et donne encore des pouvoirs élargis aux élus. Nous disposons déjà d’une autonomie de gestion. Il serait dangereux de mettre tous les pouvoirs entre les mains d’une seule personne. Il faut en Guadeloupe un contre-pouvoir pour préserver la démocratie. »
Affrontement de dames ? La proposition de démocratie renforcée du programme de Lucette, semble répondre à cette objection de Marlène.
Le grand défenseur de cette position conservatrice est Blaise Aldo, également conseiller général de Sainte-Anne, 3° vice-président du Conseil Général et président du Rassemblement pour la Guadeloupe dans la France et dans la Caraïbe. On ne dira pas que trente ans de règne communiste, sur Sainte-Anne, ont sclérosé l’opposition de droite !
Pour Aldo : « le statut actuel n’a pas épuisé toutes ses possibilités, et le prétexte de l’insuffisance des transferts des responsabilités est un cache–sexe qui ne parvient pas à masquer le vrai problème de l’incapacité des élus à maîtriser la situation ». Il prévient que « toute forme d’autonomie financière aboutira inévitablement à une diminution des acquis sociaux ». Il dénonce que les attaques contre les minima sociaux de certains (voir du côté de la solution miracle de Lucette), font des plus pauvres des Guadeloupéens des boucs émissaires, responsables de tous les échecs de l’économie.
C’est pas beau ça ? On va pouvoir se passer de la gauche en Guadeloupe, on a tout ce qu’il nous faut à droite !
Et, en plus, Blaise Aldo a une très belle barbe !
Cette vitalité de la droite, en Guadeloupe, nous change un peu de la morne droite métropolitaine. Avoir, dans son sein, un mouvement qui revendique un nouveau statut (sous la présidence de Lucette) et un autre mouvement qui est le seul à s’opposer à cette idée de changement de statut (sous la présidence de Blaise), alors que la gauche, y compris les communistes, semble médusée par les discours de Lucette, c’est quand même formidable !
La Guadeloupe aurait-elle la droite la plus intelligente du monde ?
Quand on sait que le parti communiste guadeloupéen est indépendantiste et fasciné par le dernier bastion stalinien qu’est Cuba, on peut mesurer la radicalité du coup de barre donné par les habitants de Sainte-Anne au cours des dernières élections. Comme je vous rappelle que j’ai participé à ces élections, j’en viens à me demander si mon influence a pu être déterminante à ce point. Bon, d’accord, il faut rajouter le vote de ma femme, qui s’exprime toujours sagement comme moi, ce qui est le rôle d’une bonne épouse, non ?