Vous remarquerez que je n’ai pas écrit « deuxième », tant j’espère que ce sera le dernier. Si personne n’a dit « déménager c’est mourir un peu », je m’empresse de déposer cet aphorisme aux yeux de la postérité.
Dans le Petit Journal de Montmain n° 1, je vous avais dit tout le mal que je pense de la société A.G.S, le numéro 1 des déménageurs vers les DOM-TOM. Dans ce même numéro, J’ai signalé que j’avais eu à faire travailler, en Guadeloupe, le personnel de la société BIARD, pour achever, de façon impeccable, le travail si mal commencé par celui de la maison mère d’A.G.S, en région parisienne.
Lorsque j’ai eu à faire déménager ma belle-mère (l’une des 400.000 victimes françaises du redoutable d’Al Zheimer, un terroriste bien pire que Ben Laden), j’ai fait appel à la société BIARD.
Ma première bonne surprise a été de recevoir une proposition bien plus avantageuse que celle d’A.G.S (toutes choses étant égales par ailleurs, naturellement).
La deuxième bonne surprise a été de voir l’équipe de déménagement travailler, emballant avec soin le moindre objet, le moindre meuble, la moindre planche, comme si le conteneur allait traverser l’Atlantique tout seul, en flottant comme un grand. Et comme ils chargeaient un camion, le conteneur étant resté à Toulon, j’appréciais le soin avec lequel ils remplissaient celui-ci.
La troisième… Flutte, j’aurais dû dire « seconde ». À partir de là, les choses se gâtèrent un peu.
Étant prévenu de la date d’arrivée du porte-conteneurs à Pointe-à-Pitre et du fait que l’on m’appellera pour me fixer le jour de livraison de mon déménagement, j’attends environ deux semaines, puis je prends mon téléphone pour avoir une idée du délai de dédouanement. Une charmante secrétaire, sans doute un peu naïve, au lieu d’inventer un bon gros mensonge mettant en cause la Douane, une administration au dos large, m’informe que le conteneur ne peut pas être présenté aux Douaniers, faute d’avoir reçu un papier envoyé par l’agence de Toulon. Sentant ma nervosité, elle prétexte des problèmes dans les acheminements postaux. Pas de chance, ma belle, tu n’as pas choisi le bon bouc émissaire : si le bateau était arrivé depuis environ deux semaines, il était parti de Toulon cinq semaines plus tôt, et au prix journalier du stockage sur un quai, un Chronopost pouvait s’imposer.
Je raccroche mon combiné, avec quelques remarques aigres-douces, un vendredi après-midi, miracle, le lundi matin on m’annonce que le conteneur est prêt et qu’il me sera livré dès le lendemain matin. Le miracle étant d’avoir fait travailler les Douaniers un dimanche (en supposant que le document attendu soit arrivé le samedi).
Mais tout cela ne sont que broutilles sans importance, l’important étant dans le grand coffre métallique. De plus, je n’étais pas à une semaine prêt.
Le conteneur ouvert, m’offrit un spectacle beaucoup plus rassurant que celui qu’A.G.S avait transvasé. Ce n’était pas la perfection, une ou deux sangles supplémentaires auraient évité que quelques objets soient en équilibre précaires, mais ils n’étaient pas tombés. Comme disait le créateur de Moulinex : « Si un robot ménager doit avoir une durée de vie de 100 heures (de fonctionnement effectif), ce serait une faute grave de choisir un moteur qui a une durée de vie de 1.000 heures ! ». Au morne Montmain les objets n’étaient pas tombé, si j’avais habité à Saint-François… Mais je n’habite pas à Saint-François !
Pour ce qui est de l’état de mes colis et de mes meubles, rien à dire. Juste un miroir brisé, mais c’est moi qui l’ai cassé. Le déménageur n’avait fait que le piéger, comme on piégeait les chasses d’eau des W.C., en Indochine ou en Algérie, au cours des « événements ». L’excellent emballage réalisé à Nice et un remplissage correct du conteneur, donnaient un bon résultat d’ensemble.
BIARD 8 – A.G.S 0.
Le seul point noir, tout petit mais très noir, c’est que deux jerricans en plastiques, tout neufs, sont bien rentrés dans le camion, mais ne sont pas arrivés en Guadeloupe. Perte 170 Francs, une misère en comparaison du prix global de l’opération, mais un arrière-goût très désagréable dans la bouche. Le remplissage du conteneur, et son plombage devant le client, éviteraient qu’un employé indélicat fasse main basse sur deux modestes nourrices, forts utiles par ces temps de grèves latentes des transporteurs de carburants. Le geste très noble de l'employé qui, en démontant la chambre à coucher de ma belle-mère, trouva une alliance et me l'apporta spontanément, en est un peu sali.
Voici la réponse que nous avons reçue de la société BIARD :
Monsieur,
A propos de votre journal satirique intime édité sur votre site, je suis satisfait que vous appréciez notre prestation et néanmoins vous apporte quelques éléments quant aux petits détails manquants permettant qu'elle soit excellente.
En effet, l'agence maritime en possession des documents permettant le dédouanement du container dans lequel se trouvaient vos affaires, nous adressa les dits documents le 5/09/01, réceptionnés par DHL le 7/09/01 à 12h30. De ce fait, lorsque vous avez pris votre téléphone, probablement avant 12h30 vendredi 7, la charmante secrétaire un peu naïve n'était pas en mesure de vous communiquer une date de livraison.
Cela dit le container a embarqué le 16/08/01 à Sète et débarqué le 31/08/01 à Pointe à Pitre.
Les documents nécessaires au dédouanement du container, réceptionnés un vendredi à 12h30 ont été présentés à la douane dès vendredi 7 à 14h00 et miracle effectivement, les services de douane nous avertissaient lundi matin de la disponibilité des documents permettant la prise en charge du container.
De ce fait, comme à l'habitude, je souhaite une prestation parfaite de notre part, dès lundi 10 à 9h52, notre transporteur disposait des éléments afin de procéder à la livraison du container.
Ayant évoqué tout le dévouement de notre Société, mais encore de la charmante secrétaire naïve (qui en fait est une stagiaire) à qui l'on a instruit une bonne formation, je déplore néanmoins le manque des 2 jerricans, à 170 francs, perdus lors du déménagement. Notre Agence de Toulon en a été avertie.
J'espère avoir apporté les conclusions satisfaisantes, afin que votre note augmente encore un peu.
Je reste néanmoins à votre service pour toutes opérations que notre Société serait amener à réaliser.
je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sincères et dévouées salutations.
Christian WEISSELDINGER
Gérant.
Mea culpa ! J'ai retrouvé les jerricans, qui étaient tellement bien emballés, que je ne les avais pas reconnus !
Paul MOMBELLI