La libre littérature française des Amériques







DES EXTRA-TERRESTRES SUR LA GUADELOUPE ?


Jeudi dernier, 13 septembre, à 8 heures du matin, pendant que nous petit-déjeunions ma femme et moi, celle-ci me racontait, qu'au cours de la nuit précédente, qui avait été très claire et sans le moindre orage, elle avait longuement observé le ciel qu'elle avait trouvé bien étrange. Selon-elle, les étoiles luisaient d'une façon anormale. Certaines clignotaient avec une vigueur inhabituelle, puis semblaient s'éteindre. Une étoile filante, d'une intensité remarquable, était passée au-dessus de notre maison.
Comme le font tous les maris très occupés, j'écoutais ce babillage d'une oreille distraite, en acquiescant de temps à autre pour ne pas éveiller ses soupçons, alors que je ne perdais pas une miette des informations de la télé, toujours centrées sur les terribles attentats aux États-Unis.

Quelques instants plus tard, je tentais vainement de faire démarrer mon Oméga turbo-diesel. La batterie, que j'avais changée six mois plus tôt et qui était encore en bon état la veille, semblait être soudain défaillante. Les lampes du tableau de bord s'éclairaient faiblement et s'éteignaient complètement quand j'agissais sur le démarreur.
Pas de problème, prenons la seconde voiture !

La Renault me réserva également une surprise. La clé de contact ne provoquait absolument aucune réaction : batterie coupée ! Passablement étonné par cette série de défaillances, je décidais de mettre en charge la batterie de l'Opel et de changer celle de la R20. Je remplaçais donc cette dernière, en me rendant à pied chez le marchand de pièces pour automobiles, le plus proche de mon domicile.

Ce n'est que plus tard, quand j'eus vérifié que la batterie de la voiture de ma femme, qui n'avait que deux ans (la batterie, pas la voiture, ni ma femme, idiot !), avait bien une coupure dans ses circuits et que j'eus constaté que la batterie de ma voiture ne tenait pas la charge et plafonnait à onze volts, qu'il me revint en mémoire le récit des observations astronomiques auxquelles s'était livrée Patricia la nuit précédente. Quelle curieuse coïncidence !

Qu'elle est la probabilité pour que deux batteries, installées dans deux voitures garées côte à côte, fonctionnant merveilleusement bien la veille, dont l'une avait moins de six mois et l'autre moins de deux ans, tombent en panne au cours de la même nuit ? Que les ingénieurs de la SNECMA se mettent à leurs règles à calcul (en voilà un bel instrument, bien pratique et suffisamment précis dans la plupart des cas.)( Tais-toi vieux radoteur !).
Quand on sait que toutes les normes, qui régissent la sécurité des personnes dans les établissements recevant du public (pour ne citer qu'une famille de normes sur laquelle j'ai œuvré pendant de nombreuses années), sont basées sur le principe fondamental que deux pannes, indépendantes l'une de l'autre, ne peuvent pas se produire en même temps, il faut croire que cette probabilité est extrêmement faible. Alors ?
Un phénomène atmosphérique naturel s'est-il produit au cours de cette fameuse nuit, qui puisse expliquer ces deux défaillances simultanées, ou faut-il faire appel à une explication plus extraordinaire ? En un mot, comme en cent, des extra-terrestres ont-ils survolé le morne Montmain, provoquant la mort de mes deux batteries par l'émission d'un formidable champ électromagnétique provenant de leur engin ?

Je me perds en conjectures.
Toutefois, étant donné que le morne Montmain est très proche du Paradis, je ne suis pas loin de penser que des petits bonhommes verts ne peuvent pas s'empêcher de venir y faire un petit tour de temps en temps.


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