Nous remercions Dieu d'avoir mis la bombe entre nos mains plutôt qu'entre celles de nos ennemis ; et nous prions pour qu'Il nous amène à l'employer à Ses fins et comme Il le voudrait.
Le président Harry Truman
Voici comment le patron des fondamentalistes chrétiens américains justifiait, par avance, le premier et le plus abominable attentat terroriste de l'époque moderne : l'extermination délibérée et inutile, sur le plan stratégique, de plus de 350.000 civils innocents, dans les villes martyres de Hiroshima et de Nagasaki.
Le choix de ces villes avait été fait, de façon délibérée, pour tuer le maximum de civils, en fonction du périmètre d'action des premières bombes atomiques.
Depuis plusieurs mois, depuis que les bombardiers américains avaient commencé leur pilonnage des villes japonaises, le gouvernement nippon avait manifesté son intention de capituler. Il mettait une condition à cette capitulation, le maintien en place de l'Empereur.
Bien qu'ils aient accepté cette condition, qui leur semblait devoir faciliter leur occupation du pays, les Américains refusaient d'arrêter la guerre. Il fallait d'abord qu'ils utilisent, en vraie grandeur, le terrible produit du fameux Projet Manhattan : la bombe A.
Deux raisons à cette utilisation : d'abord justifier, aux yeux de leur congrès et de leur population, l'emploi des 2,6 milliards de dollars consacrés au projet et, surtout, intimider les Russes, dont l'expansion en Europe les inquiétait. Ainsi, pour deux raisons purement politiques, dont la seconde eut de terribles conséquences, puisque les Russes, effectivement effrayés par la monstrueuse détermination américaine, se lancèrent dans une course à l'armement qui fut le début de la guerre froide, un tiers de million de civils furent massacrés, par la volonté de Dieu.
Le lendemain de l'explosion sur Hiroshima, le japon fit savoir qu'il capitulait sans condition, ce qui n'empêcha pas le lâché de la seconde bombe, sur Nagasaki.
Deux villes détruites, 350.000 morts ; quelques décennies plus tard, deux tours jumelles détruites, 3.500 morts. Le président des États-Unis proclamait que l'attentat de New York était le plus abominable acte terroriste de tous les temps.
Un Américain vaut-il plus que 100 Japonais ?
Vous me direz que j'ai une bien curieuse façon de rendre hommage au peuple américain, pour la qualité de l'accueil qu'il m'a fait, tout au long de ma croisière sur les côtes atlantiques de son beau pays. Mais, comment oublier les millions de morts provoqués, directement ou indirectement, par l'impérialisme américain depuis la dernière guerre mondiale ?
Hiroshima, Nagasaki, Corée, Vietnam, Nicaragua, Honduras, Guatemala, Chili, Iran de Mossadegh, bombardement d'El Siva… Combien de morts innocents, collatéraux ou induits, combien de pays déstabilisés, poussés vers le malheur et la misère ?.
A présent, Irak, Corée du Nord et Iran, l'axe du mal, alors que les deux derniers pays font des efforts pour se réintégrer dans le concert des nations et pour se rapprocher de ce pays qui les voue aux flammes de l'Enfer. Et toujours pour d'obscures raisons politiques (ou économiques, ce qui est souvent pareil), qui conduisent leurs relations internationales d'échec en échec, lesquels ne font qu'accroître leur arrogance et leur désir de domination.
Et, pourtant, que la population du Grand Satan est accueillante et conviviale. Partout, dans les petites villes, on salue l'étranger comme s'il était un ami et on se met en quatre pour lui rendre service.
Peuple de Dupont La Joie ou peuple manipulé par ses dirigeants ? Comment le savoir ? Ce patriotisme à fleur de peau : un bel élan de civisme ou le témoignage d'un esprit guerrier ?
Pour ma part, je pencherais pour l'ignorance des réalités, de la part du plus grand nombre, et pour le manque de maturité politique, sans oublier, toutefois, qu'il y a une opposition, lucide et intelligente, essentiellement dans les universités du pays.
Peuple américain, je t'aime et te respecte !
Impérialistes américains, je vous hais et vous méprise !