Les langoustes sont toujours là, mais l'afflux de touristes les rend plus rares et plus chères.
La période du carnaval, qui s'achève, est celle de la plus grande fréquentation touristique, pour la Guadeloupe, comme pour beaucoup d'îles des Antilles. Je dois dire, honnêtement, que le Vaval n'est pas, et de loin, aussi performant que les carnavals de Rio ou de Trinidad (ni même de Nice). Cela tient un peu de la fête de patronage mal organisée. Information à ne pas diffuser à mes amis guadeloupéens, qui sont toujours aussi gentils ! Je crois quand même, qu'avec le temps, les choses vont pouvoir s'améliorer. Le premier point à régler devrait être celui des horaires : faire le pied de grue pendant des heures, en attendant que le corso veuille bien démarrer, ne sera jamais du goût des touristes.
Le bungalow est enfin achevé. On me l'avait promis pour le 15 janvier, puis pour fin janvier, puis pour le 15 février, il a été achevé le 26. Il était temps ! Mes premiers "clients" ont pris possession des lieux le 28 février. Heureusement, qu'il s'agit de deux couples, dont les maris ont commencé leurs études, à l'université de Grenoble, en même temps que moi, il y a quarante ans. Cela ne nous rajeunit pas, ma Bonne-Dame !
Il faut quand même dire que, malgré ce retard, la réalisation s'est faite dans un temps record, puisque nous avons reçu le permis de construire seulement une semaine avant la fin des travaux. Mon ami Raymond, jeune retraité du bâtiment, a été éberlué par la qualité apparente de la construction. Il affirme, qu'en Métropole, on ne sait plus réaliser le travail traditionnel que l'on a effectué ici.
Malgré tout, un jour, où je serai en verve, je tenterai de raconter l'histoire des peintures de ce modeste bungalow, qui me paraît être un concentré de la réalité humaine en Guadeloupe. Une histoire qui témoigne d'une civilisation de la parole, où les habitudes - transmises verbalement par les anciens - l'emportent généralement sur la nouveauté inscrite sur les étiquettes des boîtes ; l'histoire de la gentille obstination d'un peuple qui ne dit jamais non, mais dont on n'obtient pas toujours ce que l'on veut ; l'histoire, aussi, d'une espérance, en raison de la tenace volonté de s'améliorer de certains. En attendant, mes boiseries ont reçu de nombreuses couches de produits très variés, un inventaire à la Prévert où il ne manque que la lasure incolore et satinée, que j'avais exigée sur le bon de commande et réclamée sur l'air des lampions pendant quatre mois.
Pour la piscine, on peut dire qu'elle est bien avancée, puisque la structure est entièrement montée et les travaux de maçonnerie complémentaires achevés. Il reste à mettre en place le tapis de protection et le liner, une opération réputée délicate, surtout pour un modèle aux formes aussi complexes que celles de la Carole 10, avec grand bain. Le fabricant me déconseille vivement de me lancer seul dans cette aventure. Mon seul problème sera de trouver une compétence locale pour m'assister, faute de quoi, il faudra que je fasse venir un technicien de Strasbourg, à mes frais naturellement.
J'essaie de faire vivre mon site caloucaera.net du mieux que je peux. Je dois avouer, à ma courte honte, que j'ai dû user d'un subterfuge pour faire un peu décoller les fréquentations. Le site tournait aimablement à quatre ou cinq visites par semaines, ce qui en faisait une ou deux pour mon poète Serbo-Croate. J'ai introduit mon roman érotique - qui frise le millier de lecteurs par semaine - sur la liste des oeuvres (avec renvoi sur le Portail) et voilà la fréquentation qui s'envole aussitôt à plus de cent visiteurs par semaine, ce qui permet à mon poète de commencer à avoir un auditoire raisonnable. Ce n'est pas encore l'Iliade, mais ce n'est plus ridicule. De toute façon, il faut bien que j'assume tout ce que j'ai publié sur le Net !
Si vous devez acquérir un véhicule, avant de venir vous installer en Guadeloupe, éviter la marque OPEL. Cette excellente marque est fort mal représentée sur notre île. Le petit récit suivant vous édifiera peut-être.
J'ai fait transporter, de Métropole, une OPEL OMEGA qui avait été accidentée deux jours avant son embarquement. Circonstance aggravante : une réparation assez lourde, non prise en charge par l'assurance. A l'arrivée du bateau, une panne de batterie, combinée à une ouverture difficile du capot moteur endommagé, m'obligea à faire transporter directement la voiture chez un carrossier. Le concessionnaire OPEL, interrogé, m'indiqua FLASH AUTO, en me disant que c'était son partenaire habituel. Le jour même, le véhicule était dans cette entreprise, que je chargeais de faire un devis des réparations à effectuer.
Périodiquement, je m'inquiétais de l'avance du devis. A chaque fois, on me répondait : "nous attendons encore quelques prix de pièces, qu'OPEL tarde à nous fournir". Sachant que les pays tropicaux sont une école de patience, j'attendais tranquillement que l'on me prévienne de l'achèvement du devis, dont on devait m'informer par téléphone. Le temps passait...
Coup de téléphone urgent : "il va falloir venir chercher votre véhicule, car il encombre notre atelier !" Je me rend sur place, où l'on m'annonce que le devis n'est pas tout à fait complet, mais qu'il faut que j'enlève ma voiture de l'atelier. Je rencontre le patron de l'entreprise, un Métro, et discute avec lui. Il m'annonce que mon OMEGA est chez eux depuis 72 jours et qu'il va falloir que je paie 60 Francs par jour de parking. Je lui demande si, au moins, il peut m'annoncer le prix définitif des réparations à effectuer et j'obtiens cette réponse étonnante : "pour la main d'œuvre, pas de problème, nous maîtrisons le prix (6.500 Francs), pour les pièces, impossible, OPEL est incapable de nous donner tous les prix !". Montant de la réparation : "25 à 35.000 Francs, peut-être davantage, en fonction des frais de port. De toute façon, il serait préférable que vous achetiez vous-même les pièces et nous les fournissiez, car on a trop de déboires avec les problèmes de compatibilité des modèles !"
Conclusion de l'aventure : je récupère ma voiture, en payant 1.700 Francs pour la délivrer de cette prise d'otage, en me jurant de ne jamais plus me laisser prendre à ce petit jeu d'attrape couillon. Je vous raconterais, un jour, comment j'ai solutionné définitivement ce problème.